Voici un des inombrables dragons qui peuplèrent la Provence. C'est Gervais de Tibury  (XIIIe) qui aurait le premier rapporté l'histoire de ce monstre qui terrorisa la région.

Selon la croyance populaire, le Drac serait un dragon amphibien, au corps de reptilien ailé, qui vécut dans les environs de Baucaire, une petite bourgade du Gard, non loi n d'Avignon, sur la rive droite du Rhöne...

Coulobre

  Nous sommes sur les bords du Rhône où tant de jeunes gens aiment venir se promener, les soirs d'été, et profiter de la fraicheur de l'eau.  Mais le drac veille,  à l'affut des jeunes filles dont il était fort friand. Il les attirait par son chant enchanteur et en leur faisant miroiter de belles joailleries précieuses et brillantes . Charmées par l'éclats des pierres autant que par la douceur de la mélodie, les jeunes filles s'emprochant de l'eau étaient attrapées par le monstre qui les  entraîner au fond du fleuve avant de les dévorer.

  Un jour, il s’approcha d’une jeune femme qui venait d’avoir un enfant et qui lavait son linge sur la rive du fleuve désert. Aussitôt elle fut envoutée par le chant du Drac qu'elle en laissa tomber son battoir. C'est en voulant aller le récupérer qu'elle chuta dans l’eau et fut entrainée dans les flots, où elle disparut.

 Cependant le Drac ne la mangea pas ; il la conduisit auprès de sa femelle qui venait d’enfanter afin qu'elle servit de nourrice au bébé dragon. Le drac lui confia une petite boîte contenant de la graisse humaine, tout en lui recommandant de bien en enduire son fils chaque soir, puis de nettoyer soigneusement ses mains après l’opération avec une eau spéciale qu’il lui fournit également. Cette graisse était en effet magique et avait le pouvoir de rendre le Drac invisible.

  Un soir qu’elle était plus fatiguée que de coutume, la jeune femme oublia de se laver les mains. Le lendemain matin, en s’éveillant, elle se frotta les yeux et constata qu’elle pouvait voir le dragon, lors même qu’il s’était rendu invisible aux humains.

  Au bout de sept ans d’absence passés au service de la famille du Drac, la lavandière retrouva la liberté et s’en retourna tout heureuse chez elle. On la vit revenir à Beaucaire, avec un ballot de linge sur la tête, comme si elle revenait du lavoir. Aux questions qu’on lui posa, elle répondit qu’elle sortait du Rhône où elle avait été gardée toutes ces années comme nourrice par le monstre. 

  Un jour, alors qu'elle se promenait sur une placette de Beaucaire, elle aperçut le Drac et alla le saluer. Mais le drac fut très fâché d’être vu alors qu'il se croyait invisible de tous. Pour la punir, il lui creva un œil d’un coup de griffe.

  Malheureusement, nul ne sait se qui advint par la suite à cette jeune lavandière ; sans doute a -t-elle finit sa vie paisiblement dans sa belle cité de Baucaire... Quant au Drac, on n'entendit plus jamais parlé de lui...

 

  Toutefois, le Drac n'est pas complètement sorti de l'imaginaire populaire baucairois et, chaque année, au mois de Juin,  on perpétue joyeusement son souvenir avec la fête du Drac...

 

Drac