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Voici l'hymne provençal composé par un de nos plus grands poètes : Frédéric Mistral

La coupo santo est une coupe d'argent offerte par les felibres catalans aux felibres provençaux en 1867, en remerciement pour l'accueil et le banquet donné en leur honneur par les avignonais.

Un rapprochement et une amitié symbolisés par deux femmes figurant sur le pied de la coupe. Il s'agit des deux personifications allégoriques de la Catalogne et de la Provence qui s'enblent s'enlacer, entérinant l'union fraternelle des deux régions.

Quant aux felibres, il s''agit des membres d'une asssociation, "Lou Felibrige" (le Felibrige), fondée en 1854, à Chateauneuf de Gadagne (à quelques kilomètres d'Avignon) qui oeuvre pour la défense et la promotion de la culture et de la langue d'oc.. L'un de ses fondateurs et, sans nul doute, l'un de ses plus grands représentants est le poète Frédéric Mistral (1830-1914), autour de qui, nous retrouvons : Jean Brunet, Paul Giéra, Anselme Matthieu, Félix Gras, Joseph Roumanille, Théodore Aubanel et Alphonse Tavan., bien connus des avignonais parce que nombre de bâtiments scolaires et de rues portent leur nom ! Cependant, la liste de felibres est fort longue, tant, en cette première moitié du XXième siècle, l'attachement à l'idendité provençale est forte ; citons, entre autres, Joseph d'Arbaud ou Falco de Baroncelli.... 

 

 

La coupo santo

Prouvençau, veici la Coupo Que nous vèn di Catalan ; A-de-rèng beguen en troupo lou vin pur de noste plant.

Coupo Santo
E versanto
Vuejo à plen bord
Vuejo abord
Lis estrambord
E l’enavans di fort !

D’un vièi pople fièr e libre
Sian bessai la finicioun ;
E, se toumbon li Felibre
Toumbara nosto nacioun.

D’uno raço que regreio
Sian bessai li proumié gréu ;
Sian bessai de la patrìo
Li cepoun emai li priéu.

Vuejo-nous lis esperanço
E li raive dóu jouvènt,
Dóu passat la remembranço
E la fe dins l’an que vèn.

Vuejo-nous la couneissènço
Dóu Verai emai dóu Bèu,
E lis àuti jouïssènço
Que se trufon dóu toumbèu.

Vuejo-nous la Pouësio
Pèr canta tout ço que viéu,
Car es elo l’ambrousìo
Que tremudo l’ome en diéu.

Pèr la glòri dóu terraire
Vautre enfin que sias counsènt
Catalan, de liuen, o fraire,
Coumunien tóutis ensèn !

 

La coupe sainte

Provençaux, voici la coupe Qui nous vient des Catalans Tour à tour buvons ensemble le vin pur de notre plant.

Coupe sainte
Et débordante
Verse à pleins bords
verse à flots
Les enthousiasmes
Et l’énergie des forts !

D’un ancien peuple fier et libre
Nous sommes peut-être la fin ;
Et, si les Félibres tombent
Tombera notre nation.

D’une race qui regerme
Peut-être sommes nous les premiers jets ;
De la patrie, peut-être, nous sommes
Les piliers et les chefs.

Verse nous les espérances
et les rêves de la jeunesse,
Le souvenir du passé
Et la foi dans l’an qui vient.

Verse nous la connaissance
Du Vrai comme du Beau,
Et les hautes jouissances
Qui se rient de la tombe.

Verse nous la Poésie
Pour chanter tout ce qui vit,
Car c’est elle l’ambroisie
Qui transforme l’homme en Dieu.

Pour la gloire du pays
Vous enfin nos complices
catalans, de loin, ô frères,
Tous ensemble, communions !