mule

"La vengence est un plat qui se mange froid" : voilà un adage qui illustre parfaitement cette belle histoire d'amitié....

 

Ainsi donc, le bon pape Boniface, fort débonnaire et amateur de bon vin comme il se doit !, avait une mule qu'il aimait particulièrement et sur laquelle il appréciait se promener ou partir en voyage pour ses affaires. Au retour, il ne manquait jamais de la confier aux soins de son palefrenier Tristet Vedène, qui n'était pas autre chose qu'un vilain galopin qui prenait un malin plaisir à maltraiter la pauvre bête...

La mule ne l'entendait pas ainsi... Elle tentait bien de se venger de toutes ces misères, mais Tristet avait su s'attirer les bonnes grâces du pape, qui lui faisait naïvement toute confiance. C'est pourquoi, elle ne parvenait jamais à ses fins. Tristet était trop rusé et hypocrite. Notre pauvre mule se morfondait donc et subissait mille tourments, car Tristet ne lui épargnait rien ! Elle  attendit ainsi patiemment son heure, se disant que dès que l'occasion se présenterait, elle lui donnerait un de ces coups de sabot mémorable !

Un jour, le vilain Tristet fit part à Boniface de son intention de se rendre, à Naples. Le pape y consentit et Tristet partit pour l'Italie, où il séjournera sept ans avant de revenir à la cour pontificale. Il alla même jusqu'à demander à notre bon Boniace la faveur de reprendre sa place de moutardier. Boniface finit par accepté, malgré les réticences des prélats qui avaient pris conscience du caractère grossier et méchant de Tristet.

Tout content, le pape invita alors Tristet à aller voir sa mule, tant il pensait que cela ferait plaisir à la brave bête... Mais la mule n'avait rien oublié des sévisses et de la promesse qu'elle s'était faite; aussi, dès qu'elle reconnu Tristet, elle lui décocha un coup de sabot tel qu'on ne vit jamais mule faire ! Tristet en tomba à la renverse et ne voulut plus s'occuper de la mule du pape.

Voilà ce qui s'appelle une rancune tenace !

Une historiette amusante mais Daudet aurait dû se souvenir qu'aucun pape nommé Boniface ne séjourna en Avignon ! 

 

Contrairement, à ce que les non-provençaux peuvent croire, Alphonse Daudet n'était pas originaire de Provence... il y avait juste acquis un moulin (à Fontvieille), qui fut la source d'inspiration des célèbres "Lettres de mon moulin".

 

 

 

 

 

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